Mouvements autour des SEL

Mis à jour : il y a 3 heures 49 min

La fin de l'argent

30-avr-2021

Mouvement autour des SEL est une publication CommunityForge qui relate les initiatives du monde entier qui vont dans le même sens que les SEL, avec des valeurs d'entraide, de partage, d’'échange et d’équité.

Thomas Henry Greco Jr. est un économiste de renom, blogueur, auteur et orateur sur les thèmes des systèmes monétaires et des monnaies alternatives.

La fin de l’argent par Thomas Greco
De nos jours, les monnaies locales et les systèmes d’échange alternatifs sont devenus des sujets courants dans les media, même dans la presse traditionnelle comme le Wall Street Journal, le Guardian et Der Spiegel, de même sur les chaines de télé régionales et en réseau. Leurs reportages se concentrent surtout sur les tentatives de faire circuler les monnaies localement au lieu de les laisser « s’échapper», ce qui est un moyen de mettre en valeur la vitalité des économies locales et d’améliorer les perspectives des entreprises locales dans leur lutte pour soutenir la concurrence des grandes enseignes.
Tout cela est bien beau, mais c’est passer à côté de l’essentiel, de ce dont souffrent nos communautés – et notre monde. Les problèmes auxquels nos populations et la civilisation dans son ensemble sont confrontées résultent de la nature même de l’argent et des mécanismes lui permettant d’être créé et attribué par les membres du cartel le plus puissant que le monde ait jamais connu. L’ensemble du régime mondial monétaire et bancaire a été conçu pour centraliser le pouvoir et concentrer la richesse dans les mains d’une élite dirigeante comme cela se produit depuis très longtemps avec toujours davantage d’efficacité.
Dans toute économie développée, la main d’oeuvre est hautement spécialisée. Nous fabriquons nous-mêmes très peu de ce dont nous avons besoin. Cette réalité rend les échanges de marchandises et de services nécessaires à notre subsistance. Pourtant le troc primitif est inefficace et dépend de la concomitance des désirs et des besoins – « Je possède quelque chose que tu veux et tu possèdes quelque chose que je veux. » Si l’un des deux n’a rien de ce que l’autre veut, le troc n’est pas possible. La monnaie a été inventée pour permettre des échanges hors du cadre des communautés locales soudées dans lesquelles des façons moins formelles de donner et de prendre sont possibles. La monnaie permet des transactions occasionnelles et impersonnelles.

La monnaie est d’abord et avant tout un moyen d’échange, une sorte d’intermédiaire qui permet à un vendeur de fournir une vraie valeur à un acheteur, puis d’utiliser l’argent reçu pour obtenir de quelqu’un d’autre quelque chose dont il ou elle a besoin.
Autrefois, divers produits de base couramment utilisés servaient comme moyens d’échange. Je pourrais, par exemple, ne pas consommer personnellement de tabac, mais sachant que c’est un produit très recherché, je pourrais en accepter en payement pour mes pommes. C’est la même chose pour l’or et l’argent, qui sont devenus par la suite les moyens d’échange privilégiés.
Cependant la monnaie a évolué dans le temps; l’argent n’est plus un « objet ». C’est un crédit dans un système de comptes qui apparaît principalement en tant que « dépôts » dans les banques et, seulement en second lieu, en faibles montants sous forme de billets de banque. Chaque devise nationale est soutenue par le crédit collectif de chaque citoyen qui est légalement obligé de l’accepter.
Nous avons, tout simplement, laissé le bien commun du crédit se faire privatiser, de telle sorte qu’on ne peut plus y accéder qu’en faisant appel à une banque pour que celle-ci octroie un « prêt ». Quelqu’un doit s’endetter pour que l’argent devienne réalité. Mais rien n’est rééllement prêté, ce sont les banques qui créent l’argent sur la base de la promesse de l’emprunteur de payer. Comme je l'ai dit, nous donnons notre crédit collectif aux banques puis les supplions de nous en re-prêter un peu – et nous leur payons un intérêt pour ce privilège. Il en  résulte une rareté chronique de l’argent dans le secteur productif de l’économie, même si l’argent est largement prodigué aux gouvernements nationaux pour permettre des déficits budgétaires  qui financent les guerres, les renflouements et toutes sortes de gaspillages.

Cependant, le pire aspect du système monétaire mondial actuel est son exigence intrinsèque de croissance continuelle, ce que j’appelle la croissance obligée. Celle-ci découle du fait que l’argent est créé sur la base d’une dette productrice d’intérêt, de telle sorte que le montant dû augmente simplement avec le temps qui passe. Mais l’intérêt composé est une fonction à croissance exponentielle, ce qui veut dire que la dette grossit, non pas à un rythme constant et soutenu mais à un rythme accéléré. Le système monétaire international exige un accroissement perpétuel de la dette afin d’éviter un effondrement financier. Ainsi les cycles dont nous sommes les témoins, ressemblant à des bulles qui enflent puis éclatent, deviennent de plus en plus extrêmes et la concurrence entre les emprunteurs pour une réserve financière insuffisante entraine un saccage environnemental et une dégradation sociale  en constante augmentation.
Le bien commun du crédit a été le plus ignoré des biens communs. Pourtant c’est le plus important parce que le crédit est le fondement et la substance de la monnaie moderne et la monnaie est le support essentiel pour échanger des marchandises et des services. Quiconque contrôle la monnaie contrôle pratiquement tout du monde matériel. La privatisation du crédit commun n’a pas seulement permis à quelques uns d’exploiter le plus grand nombre, elle a aussi stimulé la croissance économique au-delà de toute limite raisonnable et a attisé le conflit au sujet du contrôle des ressources du monde entier.
Dans le monde à une époque antérieure, la structure du pouvoir était fondée sur un arrangement collusoire entre les instances politiques et  religieuses. Les rois, les empereurs et les princes comptaient sur la hiérarchie ecclésiastique  pour légitimer leur domination. Tant que le peuple était dépendant de l’église et de ses prêtres pour leur salut et leur admission au paradis, il acceptait docilement cet état de choses, mais dès que les croyances se sont mises à changer, les instances ecclésiastiques ont perdu l’essentiel de leur influence. Dans le monde d’aujourd’hui, la structure du pouvoir est fondée sur un arrangement collusoire entre les instances politiques  et financières. Même dans des pays supposément démocratiques, ce sont les banquiers et les financiers de haut niveau et leurs serviteurs dans les media, l’éducation, la médecine et d’autres domaines qui sélectionnent les dirigeants politiques et déterminent la politique publique. Tant que le peuple dépendra de l’argent que les banquiers créent pour leur « salut » et leur admission à la « belle vie », cet état de choses continuera à faire s’enliser les masses – garantes de la dette du gouvernement – de plus en plus profondément dans les sables mouvants de l’asservissement par la dette.
L’intérêt qui doit être payé pour pouvoir emprunter notre propre crédit à la banque n’est pas le seul élément parasite de ce système. L’inflation de la masse monétaire qui accompagne le déficit budgétaire des gouvernements en est un autre. La plupart des gouvernements nationaux  dépensent systématiquement au-dessus de leurs revenus, tirant une vraie valeur de l’économie en échange de monnaie contrefaite créée pour eux par les banques sous couvert de la loi. Cette dépréciation de la devise entraîne inévitablement des augmentations de prix pour les nécessités de base du marché. A ces ponctions, vous pouvez ajouter les salaires et les primes obscènes que les initiés se payent à eux-mêmes pour faire marcher le système et les sauvetages financiers qu’ils soutirent périodiquement aux gouvernements.
La situation devient limpide comme de l’eau de roche à quiconque veut bien y regarder de plus près. Le système monétaire et bancaire dominant, ainsi fondé sur l’usure et la centralisation du pouvoir et de la richesse a provoqué une misère et une injustice immenses pour l’humanité et tout le réseau vivant de la planète Terre. C’est un système qui ne peut pas être réformé, il ne peut être que transcendé.

Comment transcender le système monétaire?
La bonne nouvelle, c’est que nous n’avons nullement besoin d’être victimes d’un système qui nous laisse tomber de façon aussi flagrante. Nous possédons le pouvoir de reprendre le crédit commun. Nous pouvons le faire pacifiquement et sans attaquer le régime établi. Il suffit juste que nous prenions chacun le contrôle de notre propre crédit pour le donner aux individus ou entreprises qui le méritent et que nous le refusions à ceux qui ne le méritent pas, que nous mettions nos talents et nos énergies au service des entreprises qui augmentent la résilience, la durabilité et l’autonomie des communautés ainsi que le bien commun.
Nous avons tous été conditionnés à la poursuite effrénée de l’argent comme moyen de procurer à notre famille et à nous-mêmes les biens matériels de la vie, mais l’argent est devenu un instrument de pouvoir, un dispositif qui permet à quelques-uns de contrôler le cours des évènements humains. Tant que nous resterons fascinés par la recherche de l’argent, nous serons tous des marionnettes sur des fils et devrons tous obéir aux marionnettistes – en prêtant les meilleures intentions du monde à cette petite élite qui agit dans son propre intérêt, nous trompe et nous entraîne dans une illusion flagrante.

Peut-être qu’ils finiront par comprendre mais nous ne pouvons pas nous permettre d’attendre. La réponse, c’est d’apprendre à partager, à coopérer et à réorganiser pour créer ce que j’appelle volontiers la « Société Papillon ». Les monnaies locales et les systèmes d’échanges forment une indispensable boite à outils pour la population locale (ainsi qu’une auto-responsibilisation). Ces moyens doivent cependant être conçus de façon à nous rendre moins dépendants  de l’argent politique et des banques.
Il faudrait émettre des moyens d’échange privés sur la base de la valeur créée et échangée par des producteurs locaux, surtout les petites  et moyennes entreprises qui sont les piliers de toute économie. Ceci veut dire qu’une devise doit circuler et ne peut rapporter d’argent. Il est possible d’organiser de manière complètement nouvelle une structure monétaire, bancaire et financière qui soit ne demande pas d’intérêt, décentralisée et contrôlée, non pas par des banques ou des gouvernements nationaux, mais par des particuliers et des entreprises qui s’associent en réseaux commerciaux sans frais de transaction. En bref, tout groupe de personnes peut organiser son propre crédit collectif sans intérêt, en interne. C’est simplement une extension de la pratique courante de transaction à compte ouvert – « je vous envoie les marchandises maintenant et vous pouvez me payer plus tard », sauf que celle-ci est organisée, non pas de façon bilatérale, mais au sein d’une communauté de nombreux acheteurs et vendeurs. Pratiqués à une échelle assez vaste pour inclure un éventail suffisamment étendu de produits et de services, de tels systèmes peuvent éviter les disfonctionnements inhérents au système monétaire et bancaire traditionnel. Ces systèmes peuvent ouvrir la voie à des relations plus harmonieuses et mutuellement bénéfiques permettant l’émergence d’une véritable démocratie économique.

Compensation du crédit mutuel – Transactions sans frais
Cette approche n’est pas une chimère. Elle est prouvée et largement démontrée. Connue sous le nom  de compensation du crédit mutuel, c’est un procédé qui est utilisé par des centaines de milliers d’entreprises dans le monde qui pratiquent une foule d’échanges et de « trocs » commerciaux et qui fournissent la nécessaire tenue des comptes et d’autres services pour leurs transactions sans frais. Dans ce processus, ce que vous vendez paie pour ce que vous achetez sans utilisation de monnaie comme moyen d’échange intermédiaire. Au lieu de courir après les dollars, vous utilisez ce que vous possédez pour payer pour ce dont vous avez besoin.
Contrairement au troc traditionnel qui dépend d’une coïncidence des souhaits et des besoins entre deux  parties qui ont chacun une marchandise que l’autre veut, la compensation de crédit mutuel permet la  comptabilité des crédits de transaction, comme une sorte de devise interne qui donne la possibilité aux partenaires de vendre à certains membres et d’acheter à d’autres. Il y a apparemment, de par le monde, plus de 400 000 entreprises qui échangent annuellement de cette façon plus de 12 milliards de dollars  de produits et de services sans utiliser de devise nationale.
Le meilleur exemple d’une compensation de crédit mutuel fonctionnant avec succès depuis longtemps est sans doute la WIR, coopérative d’économie circulaire. Fondée en Suisse au milieu de la Grande Dépression en tant qu’organisation d’entraide, la WIR fournit alors les moyens pour les entreprises des coopérateurs de continuer à acheter et à vendre les uns aux autres en dépit de l’insuffisance des francs suisses en circulation. Depuis trois quarts de siècles, dans les bonnes périodes comme dans les mauvaises, la WIR (appelée aussi la Banque WIR) continue de se développer. Ses membres, plus de 60 000 dans toute la Suisse, échangent annuellement pour plus de deux milliards de dollars de produits et services, en se payant mutuellement, non pas en devise officielle, mais dans leur propres unités de compte appelées crédits WIR.

Le crédit commun : une révolution pacifique pour une société plus heureuse
Le défi de tout réseau, évidemment, est d’atteindre une envergure suffisante pour le rendre efficace. Plus le réseau est étendu, plus il donne l’occasion de faire des transactions sans frais. Dans les premiers temps, trouver ces opportunités peut nécessiter un peu d’aide, mais au fur et à mesure que les membres se découvrent les uns les autres et se rendent compte de ce que chacun a à offrir, les avantages de leur participation se font de plus en plus évidents et attirants. Comme Facebook, Twitter, MySpace et d’autres réseaux qui sont purement sociaux, les réseaux d’échange sans devise officielle finiront par grossir de façon exponentielle, et cela marquera un tournant révolutionnaire  dans la responsabilisation tant politique que bancaire. Ce sera une révolution tranquille et pacifique apportée, non pas par des  manifestations dans la rue ni par des pétitions aux gouvernants qui sont au service d’intérêts différents, mais par un effort collectif pour se servir du pouvoir qui nous appartient déjà et mettre en œuvre nos ressources pour soutenir la productivité de tous et rendre à César le crédit qui appartient à César.
La participation à un réseau d’échanges ouvert, transparent et démocratique permet à ses membres de bénéficier de :
• une source de crédit fiable et souple, sans intérêt et contrôlé par ses pairs,
• moins de besoin des devises restreintes, dollars, euros, livres, yens ou tout autre monnaie politique,
• un moyen de paiement stable et durable,
• un accroissement des ventes,
• une clientèle loyale,
• des fournisseurs fiables,
• une communauté plus prospère et plus agréable à vivre.
Que faudra-t’il pour rendre « viraux » les réseaux de compensation de crédit mutuel de la même façon que les réseaux sociaux ? C’est la question clé, dont la réponse reste, jusqu’ici, inconnue.  Alors que la WIR est un succès évident, il semble qu’elle ait été intentionnellement limitée  et empêchée de s’étendre hors des frontières suisses. Et, alors que le troc commercial est considérable et s’accroit régulièrement depuis plus de quarante ans, son volume est encore minime par rapport au total de l’activité économique.
La façon dont sont gérés les échanges commerciaux de nos jours les rend limités et impose généralement des charges considérables aux participants.  Parmi celles-ci, il y a des frais onéreux de participation, des droits d’adhésion particuliers, un volume et un éventail  limité de produits et de services à l’intérieur de chaque transaction, l’utilisation de logiciels exclusifs et une standardisation des opérations insuffisante qui limite la possibilité des partenaires de faire des transactions avec des participants à d’autres échanges. Pratiquement tous les échanges commerciaux sont modestes, locaux et menés par des entreprises à but lucratif. Une petite échelle, un contrôle local et une entreprise indépendante sont trois caractéristiques recherchées mais lorsqu’il s’agit de créer un nouveau système d’échanges, il faut autre chose en plus. Ce dont le monde a besoin, c’est un moyen de paiement qui soit contrôlé localement mais qui soit utile à l’échelle mondiale. Ceci signifie qu’il faut donner aux partenaires d’un échange commercial local la possibilité de commercer facilement et à moindre frais, sans risque ou très peu, avec des partenaires d’autres échanges.
Voici les éléments que je crois être nécessaires pour que le commerce sans frais basé sur la compensation du crédit mutuel se propage au monde entier.
1. Les partenaires doivent offrir au réseau non seulement leur marchandise à rotation lente et leurs services de luxe mais également leur gamme complète de produits et de services à leurs prix normaux habituels. Ceci assurera la valeur des crédits du commerce intérieur et les rendra vraiment utiles.
2. Comme pour le marché des transporteurs, les échanges commerciaux devraient rendre l’affiliation ouverte à tous, sans qualification particulière.
3.  Cependant, les lignes de crédit (le privilège des découverts), doivent être déterminées selon les possibilités de chaque membre et la volonté de rendre la pareille, mesurée par exemple à l’aide de leurs documents de ventes à l’intérieur du réseau.
4. Les membres doivent exercer leurs responsabilités d’assurer un contrôle et une supervision adéquate  de ceux qui gèrent les échanges.
5. Il doit y avoir une standardisation suffisante dans les opérations d’échanges commerciaux pour garantir une valeur comparable aux crédits internes.
A mesure que les échanges commerciaux parviendront à maitriser ces aspects de conception et de fonctionnement, ils deviendront des modèles pour ceux qui suivront. Puis la phase de croissance rapide commencera, débouchant par la suite sur un réseau commercial mondial comme celui d’Internet qui rendra la monnaie obsolète et permettra l’émergence d’une société plus libre et plus harmonieuse.
 
Par Thomas H. Greco, Jr.
Références
Greco, Jr., Thomas H. (2009): The End of Money and the Future of Civilization.

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Langue Français

La Ressourcerie du Pont: vivre ensemble avec moins

25-avr-2021

Source - https://www.colibris-lemouvement.org/magazine/vivre-ensemble-avec-moins

Mouvement autour des SEL est une publication CommunityForge qui relate les initiatives du monde entier qui vont dans le même sens que les SEL, avec des valeurs d'entraide, de partage, d’'échange et d’équité.

Vivre ensemble avec moins

L’histoire des fondateurs de la Ressourcerie du Pont, au Vigan dans les Cévennes, est celle d’une vie communautaire, nomade et antisystème. Ils ont désormais « sédentarisé » leur organisation dans une ancienne usine textile, pour mieux déployer une action transversale où arts du spectacle, récup’, vie personnelle, professionnelle et activisme ne font qu’un.

Récup’ et festivals

Aujourd’hui, Elise, Sébastien et Antoine vivent au Vigan, dans une collocation avec Mélanie, bénévole à la Ressourcerie. Autour d’eux gravitent toujours ceux qui ont partagé leurs aventures successives. Cette communauté, formée en cercles concentriques, agrège une vingtaine de copains et voisins impliqués presque quotidiennement dans leurs projets. D’autres sont éparpillés sur le territoire, notamment dans le réseau des Oasis auquel ils participent, qui peuvent aussi répondre présents à chaque fois que nécessaire. Plus largement, des milliers de participants guettent les festivals qu’ils organisent ou leur prochain chantier participatif. Un soutien humain nécessaire : ces dernières années leurs projets se sont structurés et ont pris de l’ampleur. En particulier celui de la ressourcerie (lire notre article 2), au point que l’équipe a décidé de devenir propriétaire de l’ancienne usine textile qui l’héberge. 
Parallèlement la bande de copains a poursuivi son activité événementielle et créé une association ad hoc appelée Village du Possible. Elle co-organise ses propres festivals (Foire à l’autogestion, Rêves de convergence, Souffle du rêve, Terre de Convergence...) et peut réunir de mille à plusieurs milliers de personnes (jusqu’à 30 000 sur 15 jours) lorsque des partenaires se greffent. Leur Village du Possible propose aussi ses services (de location, notamment) aux organisateurs d’événements qui disposent ici de toute la logistique nécessaire pour un camp complet : cuisine, son, lumières, chapiteaux, toilettes sèches, etc. Un véhicule et un groupe électrogène (fonctionnant tous les deux à l’huile de friture), un éclairage de scène minimal, des systèmes de cuisson solaires et au feu de bois, des menus véganes, des structures légères comme des zomes (ces chapiteaux à la forme géométrique et composée de losanges agencés en double spirale), du mobilier, de la vaisselle et des ustensiles issus de la récupération : l’association a poussé loin la stratégie de sobriété, souvent agacée par des festivals prétendument « éco-responsables » qui engloutissent en réalité d’impressionnantes quantités d’électricité, de carburant, de vaisselle jetable, de viande etc. 

Cueillettes, échanges et commandes groupées

La vie quotidienne des colocataires est aussi organisée autour de leur quête de sobriété et d’autosuffisance partagée. Les couches successives d’expériences ont pérennisé des pratiques et des habitudes alimentaires, énergétiques, vestimentaires etc. « On coopère avec Sarah, une amie maraîchère que l’on aide environ sept heures par semaine en échange de légumes (souvent les invendus) », explique Sébastien. Cela remplit largement le garde-manger des quatre colocataires. 
« On a été végétaliens, ajoute Antoine, et on le reste pour l’essentiel, à l’exception d’un peu de fromage et d’oeufs pour certains, mais c’est exceptionnel. Ce régime alimentaire facilite beaucoup les choses. Nous préparons des conserves de ratatouille, de cerises, de pêches. Nous ramassons régulièrement des algues dans un étang, avant de les déshydrater. Nous préparons aussi des coulis, des tomates séchées, des boissons (kéfir, kombutcha, jus, boissons à base d’orties, champagne de sureau), des pestos très variés au gré des plantes sauvages cueillies. Nous récoltons et transformons des châtaignes en crèmes stérilisées ou en flocons. ». Antoine précise que les parents de Sébastien sont des spécialistes de la transformation et leur ont transmis une foule de recettes. « Aujourd’hui, il n’y a guère que les céréales, le lait d’avoine et la bière qui nous demandent de dépenser de l’argent. Nous passons des commandes groupées pour cela, à des producteurs ou à des magasins locaux », conclue-t-il. 

Un des enseignements forts de leur démarche alimentaire est aussi la nécessité d’entraide souvent mise de côté dans les réflexions sur le sujet. « On met trop en avant les recherches d’autosuffisance individuelles. Or, plutôt que de rester seul dans son coin et chercher à tout faire en petite quantité chez soi, mieux vaut s’organiser avec les paysans qui sont des spécialistes » expliquent-ils. Une réflexion qui découle d’un principe de fonctionnement important dans la vie de ce groupe : « À chaque fois que c’est possible, nous préférons contribuer aux actions existantes plutôt que de créer nos propres initiatives » précise Élise.

Employeurs bénévoles

Avec quoi ces bénévoles à plein temps paient-ils le peu qu’ils achètent ? Après avoir longtemps (7 ans) refusé le RSA auquel ils avaient accès, ils ont fini par l’accepter… De quoi payer les premiers loyers de la ressourcerie (1 780 euros par mois) et assurer la pérennité de ce projet d’intérêt général auquel ils consacrent l’essentiel de leur temps, le plus souvent weekends compris. Ce revenu d’aide public revient ainsi, en quelque sorte, à soutenir leurs actions d’intérêt général…
En quelques années, la ressourcerie a créé plusieurs emplois, mais la petite bande est restée bénévole et aime particulièrement l’idée de vivre sans revenus salariés tout en initiant et animant des activités qui en créent. Néanmoins leurs projets se concrétisent et prennent de l’ampleur, si bien que, parfois, certaines de leurs missions sont progressivement payées – la coordination d’événements, par exemple – et qu’ils envisagent désormais de créer leurs propres emplois, à condition que ceux-ci continuent à servir la transition territoriale. 

L’’activité croissante et l’entente de cette troupe d’activistes n’est possible que grâce à des protocoles de décision clairs, exigeants, forgés par leur expérience de la vie communautaire. Leurs décisions sont élaborées au consensus (au mieux), au consentement (à défaut de consensus) ou à la majorité – cela n’a jamais été nécessaire. « Quand on n’est pas d’accord, on parle et on se laisse le temps de mieux connaître chaque option », précise Élise. De même « ce sont les « présents-actifs » qui décident » ajoute Sébastien, qui a découvert ce principe avec les Indiens d’Amérique. Il précise que les bureaux des associations sont collégiaux et composés de bénévoles qui n’ont pas de pouvoir particulier mais une tâche essentiellement administrative : appliquer ce qui est décidé par les « présents-actifs ». 
Autrement dit, et de manière plus formelle, la Ressourcerie du Pont se réunit une fois par trimestre (salariés et bénévoles), et régulièrement entre les seuls salariés.

L’association Village du Possible se réunit, elle, une fois par semaine, notamment chaque fois que des actions ambitieuses sont en route. En particulier pour la recherche d’une terre de 100 hectares où installer le projet Terre de Convergence : un festival des alternatives qui veut devenir un site permanent, un lieu vitrine de la transition écologique de trois manières : agricole, événementielle et par la protection de la biodiversité. Dans le contexte particulier de ce projet plus lourd, en plus des protocoles déjà décrits (consensus et présents-actifs) les participants déterminent quatre rôles (donneur de parole, preneur de notes, facilitateur et gardien du temps), afin que les réunions soient plus cadrées et ne s’éternisent pas. Néanmoins, ici comme ailleurs, les problèmes relationnels font partie du quotidien: « Récemment, certains habitants impliqués dans la ressourcerie se sont désengagés, confie Élise, mais sans cesser de profiter de petites contreparties, comme l’accès aux jardins de notre amie maraîchère – réservé aux membres qui consacrent beaucoup de temps au bénévolat. La clarification et le rééquilibrage peuvent être des moments désagréables, évidemment... ». 

Au delà de ce constat, ceux qui sont inspirés par cette équipe et ses réalisations doivent savoir que l’implication d’Élise, Sébastien et Antoine engloutit absolument toute leur vie. Leur logement est leur bureau, leurs colocataires sont aussi leurs collègues de travail, les pauses et vacances sont rarissimes voire absentes, et la maison n’est habitée par aucun enfant. “C’est plutôt l’effet d’une vie très occupée, ne laissant pas de place pour un projet familial, que le résultat d’une démarche anti-enfant, précise Sébastien. Certains d’entre nous en veulent et cela nous enthousiasme tous. Notre communauté élargie - qui inclut la vingtaine de personnes avec lesquelles on a eu l’occasion d’habiter - compte des familles avec enfant. Du reste l’une de nos réflexions actuelles, avec tous ces amis, consiste à imaginer comment fonctionner comme un écolieu, sans forcément habiter au même endroit : poursuivre une vie collective, partager et mutualiser le maximum de choses”. Une nouvelle page de cette épopée collective qui, progressivement, incarne des alternatives de plus en plus reproductibles. Sans être moins radicales !

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Langue Français

Un terrain retrouve son statut de bien commun

25-avr-2021

Mouvement autour des SEL est une publication CommunityForge qui relate les initiatives du monde entier qui vont dans le même sens que les SEL, avec des valeurs d'entraide, de partage, d’'échange et d’équité.

Traduit d'après un article de ROB HOPKINS du 10  février 2020

Source : https://transitionnetwork.org/news-and-blog/returning-land-back-to-the-c...

Graham Truscott nous raconte l’histoire d’un champ de choux inutilisé que Melbourne Area Transition a acquis pour le transformer en terrain fertile et riche en biodiversité rendu à la collectivité.
Avec l’ouverture d’un beau centre tout neuf en octobre 2018, on a célébré le 5ème anniversaire  de la transformation d’un ancien champ de choux de 4 hectares, qui avait fait partie des biens communs jusqu’en 1791, et son retour à la propriété coopérative.
En mars 2013, l’idée ambitieuse avait germé de transformer ce champ plutôt banal en une ressource multifonction pour la population locale, d’en faire un lieu pédagogique et exemplaire pour ce qui concerne les principes de permaculture et une riposte militante (quoique locale et à petite échelle) aux multiples menaces pesant sur la biosphère. A ce moment-là, nous n’étions qu’un petit groupe de Transition dans une partie rurale et suburbaine du sud du Derbyshire.
Les membres de Transition dans la région de Melbourne (en Angleterre*) avaient déjà obtenu quelques petits succès pratiques. Une forêt-jardin vigoureuse avait été créée à l’école publique et une installation photovoltaïque de 10 kW placée sur le toit de l’église paroissiale classée monument historique ainsi qu’un certain nombre d’autres projets et activités qui attiraient l’attention sur les problèmes importants… Mais pour un groupe sans expérience, comment réunir des fonds, repousser les promoteurs immobiliers, lutter contre les intérêts fonciers des propriétaires locaux, en particulier équestres, et gérer le terrain? Cela nous a semblé un défi considérable quand les panneaux « A vendre » ont été plantés sur le bord de la route. Pourtant, en octobre 2013, nous avions compris non seulement comment faire, mais nous avions aussi fait valider notre nouvelle coopérative et ses membres par le contrôle financier, rassemblé plus de 150 adhérents, fait tout le travail juridique et autres -  et recueilli l’argent. Et nous avons tenu notre première fête sur notre propre terrain.

Le soutien inconditionnel de The National Forest a été essentiel. Trois jours après avoir entendu nos espoirs, la promesse d’une subvention de cet organisme tourné vers l’avenir pour démarrer la collecte de fonds nous a forcés à passer à l’acte. (…)
Ce caractère urgent ne nous a pas laissé le temps d’observer et d’interagir avec le paysage avant de concevoir et de promouvoir le projet. Pourtant cette création conçue en hâte nous a bien servis pendant ces six ans.  Selon un processus partant d’un schéma d’ensemble pour arriver aux détails, les plans initiaux précisaient les emplacements et la finalité des éléments importants  mais n’expliquaient pas nécessairement comment ces éléments seraient exécutés par la suite.
Plusieurs éléments du plan d’origine n’ont toujours pas été dessinés en détail, encore moins bâtis, y compris le jardin collectif que nous pensions être un projet rapidement « gagnant » !
D’autres projets ont reçu le travail de conception minutieux nécessaire pour assurer leur réalisation, comme la maison ronde solidement construite en ballots de paille, notre structure la plus emblématique, la plus belle et la plus chère. Le cahier des charges exigeait évidemment des productions multiples ; donc des zones de vergers et de forêt ont été prévues ainsi que des arbres donnant des fruits à coques, des taillis de saules et de noisetiers, des mares, des zones humides et des milieux ouverts pour pouvoir créer, entre tous ces éléments, des lisières d’une grande importance. Toutefois, les bienfaits conventionnels potentiels de ces éléments étaient encore loin de satisfaire nos grandes ambitions. L’éducation, le divertissement, l'entreprise et la biodiversité ont été définis comme au moins aussi importants. Par conséquent, le business plan prévoyait des activités qui pouvaient également offrir ces avantages.


Nous avions l’intention, dès que possible, de lancer des activités commerciales dérivées grâce aux ressources de notre site et ainsi devenir aussi bien financièrement indépendants que durables sur le plan environnemental. Nous avons pris note de ce qu’étaient les terres  voisines : d’un côté une plantation de The National Forest, antérieure de 10-12 ans à la nôtre, avec une belle avenue plantée de très vieux poiriers et  de l’autre côté  un champ de blé en monoculture intensive, régulièrement aspergé de dieu-sait-quoi de chimique. Un autre champ, en bordure du bas de notre site, ayant le même chemin d’accès, a été acheté par des gens qui ont l’intention d’y mettre des chevaux.
Notre projet comprenait une partie centrale délimitée par des haies.  Notre intention était que cette zone du terrain soit fermée lors des évènements, tout en permettant l’accès au public partout ailleurs. Nous avons demandé et reçu le permis de construire pour tout ce que nous pouvions imaginer d’installer à Whistlewood. A la surprise des  décideurs locaux, nous voulions un projet aussi compatible que possible avec le changement climatique. Nous avons peut-être été les premiers à vouloir retenir l’eau sur notre site.

Nos premières expériences

Ayant négocié un prix un peu plus bas que prévu, nous nous sommes achetés une yourte avec l’argent économisé. En novembre 2013, celle-ci a abrité la première fête sur notre terrain. Le lendemain, le réveil de trois adultes et plusieurs enfants dans la yourte a été magique.  En ouvrant les portes de la yourte, nous avons eu le plaisir de voir un épervier d’Europe planer à moins de 20 mètres. La première d’une série de magnifiques expériences de nature, avant de tomber ensuite en extase devant les lièvres de Whistlewood.
Par la suite, nos amis du Wildlife Trust du Derbyshire ont effectué des études sur les petits mammifères, y compris la première souris des moissons décrite dans une étude officielle, qui n’avait pas été vue dans le Derbyshire depuis plus de dix ans. Ceci explique pourquoi tant de rapaces et de hiboux fréquentent le site. Des études sur les arthropodes ont révélé de superbes insectes et ont permis à de nombreux enfants d’être initiés aux joies des papillons de jour et de nuit.
Les conclusions de ces études ont été incluses dans les détails de notre projet qui a également une dimension temporelle. Il y a maintenant, par exemple, un protocole annuel bien défini de tonte de l’herbe pour favoriser la flore et la faune que nous essayons particulièrement d’encourager. La première structure (semi) permanente que nous avons construite a été un compostage de la tourbière. Celle-ci a rapidement été suivie par l'achat de l’arrière d’une vieille camionnette des Telecom qui servait auparavant de poulailler à un fermier du coin, pour nous servir de cabane à outils, nous épargnant ainsi l’effort de transporter les outils sur le site chaque fois qu’on en a besoin.
Outre les arbres, beaucoup des Whistlewooders, comme nous nous sommes nommés, avaient envie de voir une plus grande variété de fleurs sauvages. L’immense fertilité du sol travaillait contre nous ; ça avait été de la terre maraichère de grande qualité jusqu’à ce que les demandes ridicules des supermarchés imposent la monoculture de choux. La terre est riche, idéale pour les arbres qui commencent à pousser comme des fous, mais moins propice aux espèces de fleurs locales, comme l’ont prouvé trois sites-tests de tailles égales. Le test le mieux réussi a  été  celui où la terre superficielle a été décapée, presque jusqu’à l’argile de 45 à 60 cm. C’est là que nous avons aussi testé les rhinanthes jaunes comme remède possible contre les graminées omniprésentes.

Malgré tout, les graminées peuvent être une source de joie. Un des intérêts les plus délicieusement inattendus continue d’être  le plaisir des jeunes enfants à courir, à se cacher et à jouer dans la grande herbe, ce qu’ils ne peuvent faire nulle part ailleurs. On a peut-être perdu un ou deux jeunes arbres par la même occasion, mais c’est vraiment trop drôle. Ces moments peuvent être un exutoire à toutes la paperasse à faire en arrière-plan pour accomplir notre mission : la comptabilité, l’assurance, la promotion, l’organisation, etc. Nous reconnaissons avec gratitude que le stress nous est parfois allégé par des membres de l’équipe centrale.

Création de l’infrastructure

Pour que le business plan fonctionne, il fallait absolument des structures et un accès tout au long de l’année, mais le terrain avait besoin d’être remodelé et transformé. Un programme de plantations d’arbres le premier hiver 2013-2014 a été concentré sur les limites du terrain pendant que la terre était déplacée pour creuser le lit d’un ruisseau et créer la base d’un mini-amphithéâtre au centre avec les boues des zones humides et des mares. Plus de 3 500 arbres ont maintenant été plantés sur trois automnes, parfois de façon intensive quand des seniors et des enfants pouvaient être présents sur le site pour aider. Deux cents jeunes fruitiers dans quatre vergers fournissent l’occasion de faire des ateliers de soins aux arbres et d’enseigner de nouvelles compétences.
On a impliqué les membres, dans la mesure du possible, à la construction de la maison ronde centrale – depuis la collecte et la pose de 9 000 bouteilles à vin vides comme isolation du sol, jusqu’à la pose du plancher de la scène et de la véranda.

Un bénévole de Whistle-wood, récemment retraité, a joué un rôle essentiel avec ses excellentes compétences d’ingénieur et de gestion de projet. Il a  contribué au travail en supervisant nos bâtisseurs professionnels chaque jour pendant six mois. Beaucoup d’autres personnes sont également intervenues. Un de nos adhérents a conçu un motif central pour le carrelage du bâtiment et a montré à d’autres adhérents comment créer des carreaux uniques et personnalisés pour ce décor.
Une autre personne nous a trouvé une subvention d’équipement sportif qui nous a offert un parcours sportif complètement gratuit pour Whistlewood (qui n’était pas dans notre projet initial). Aujourd’hui, forts de nos 400 adhérents,  nous continuons à créer des éléments pour le site. Maintenant que nous avons une bien meilleure connaissance du lieu, c’est plus facile de planifier les détails. Le plus important est que nous ayons créé un exemple de propriété collective d’un terrain qui nous aide à accomplir notre mission multidisciplinaire, particulièrement lorsqu’il s’agit d’apprendre de la nature et de montrer des perspectives adaptées au 21ème siècle.

Cet article a été publié dans Permaculture Magazine, numéro 102.

* Note de la traductrice

Vous avez d’autres suggestions d’expériences à partager avec notre réseau?  Nous vous proposons de nous les communiquer à l’adresse [email protected]  et nous les répercuterons dans la mesure de nos possibilités.

 

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Rencontre virtuelle avec les adhérents du J.E.U. et les SELliens / SEListes de partout.

14-fév-2021

Bonjour les ami-e-s du J.E.U. et des SEL,

Lors d'une précédente visio, les personnes présentes ont décidé de se retrouver une semaine sur 2 : les 1er et 3ème mardis de chaque mois, toujours à 19 h.

Voici le lien ZOOM : cliquez là

Pour le mardi 16 février, on continue sur le thème d’un monde sans argent, en partant du Mouvement Mocica (à découvrir sur https://mocica.org/). Pour enrichir le débat, je suggère de découvrir le site et pour ceux et celle qui ont le temps, de visionner le débat sur YouTube : cliquez là

Je rappelle que toute personne souhaitant débattre d’un thème qui lui tient à cœur, pourra le proposer pour la quinzaine suivante (ou celle d’après…). Il suffit que le thème soit dans le respect de la Charte des SEL.

Cette invitation permanente s’adresse à toutes les personnes intéressées par les échanges sans argent, même n’appartenant pas au J.E.U. ni à un SEL.

François Gottfrois

 

 

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